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CATMAT / 2013
Texte version 2 (cf. 2010)
Aux ados de l'hôpital de jour de Saint Cyr l'Ecole

e
V
os mots m'émeuvent



E-MO-TIONS
Vos mots sont :
Broderies de langue et pavés de sons
Dans la mare habitudes et certitudes,
Serviles ou supérieures attitudes.

Vos mots m’émeuvent,
Vos mots m’émeuvent !
A l’épreuve du sens
Peau neuve adolescence
Je m’insinue dans les fêlures du temps.
Passé, posée, les heures dépassées
Regarder ;
Le goût du bruissement d’un brin d’herbe sec
Au vent du nord qui dévale, Mistral.
Et lire, le jour, la nuit des malles de livres entassés
Pages noircies de sens et de poésie
Apprendre la vie 
La fête, au corps à corps sans compter
Passions d’amour et d’amitié
Du mal au baume à l’âme…
Parle, parle encore du ressac aux rocs acérés, la mer océane ;
Se saisir à l’étal intérieur d’une éternité sereine.
Aujourd’hui, j’ai perdu le temps qui s’étire sans fin,
Les morts aimés ont jalonnés mon chemin.
Mais je garde encore quelques parcelles d’infini :
Mes écrits tracent et claquent en partage
Il y a longtemps que j’ai jeté les masques !

Les fêlures d’enfance te renforcent
Si tu laisses place à ceux qui tracent
Avec toi ton chemin entre hier et demain
Il faut savoir prendre et tendre des mains

Trop d’envies pour une seule vie,
Il m’a fallu du temps
Pour accepter de faire des choix
Pour enfin suivre ma voie / voix.
Et puis : lutter pour peser sur l’équité
De l’avenir du monde.

Vos mots m’émeuvent,
Il y a quelques exquis cadavres, un Roi pêcheur et des heures passer ensembles
Dont le souvenir tremble pour encore longtemps il me semble
Dans les rivages de ma vie en partage.

Vos mots m’émeuvent,
Marquent l’abîme d’échanges indélébiles
Il y a des visages pour éclairer ma route
Loin vos déroutes, les doutes sont parfois salutaires
Mais il faut aussi savoir apprendre à les faire taire ;
Vos vies sont vastes, gardez vos rêves,
Prenez des vestes et relevez-vous,
N’attendez pas d’être tombés
Pour vouloir vivre : debout !