L'oeil en orbitale

CATMAT / 31.01.17, Atelier du Petit ney

Tout est relatif !


On se met le doigt dans l'oeil et l'oeil en orbitale,
Hors des orbites habitent en pays des songes roses et noirs
Des étrangers sans couloirs.
Ils naviguent à vue de voile au vent
Sans paravent pour occulter les boules à facettes de la piste de danse du monde en mouvement renvoyant plus de réalités que nous ne pourrions en gober.

* Poil au nez ! Disait le clown qui s'y connaît et s'y commet en matière de vérités invraisemblables.
Appel à nos semblables pour remuer les montagnes de sable occultant nos paupières sans vie, sans visions, tout en télé-visions, télé-commandé un cerveau sous très basse tension.
Attention : j'en appelle aux chapelles des illuminés du bout de chandelle.
Ceux qui conversotent en soliloque et se renvoie la balle au bont quand le petit carré bien poli qui nous sert généralement d'esprit lâche la bride aux pulsations dévastatrices de certitudes très raisonnablement et tout à fait légalement absurdes au regard de l'incroyable multiplicité des possibles à vivre ensemble.
Encore que, est ce une si bonne habitude?
Il y a là cause de tant de servitudes, qu'une petite séance de chambre d'isolement peut éventuellement permettre de ne pas remettre à sa place l'ordre des choses telles qu'elles sont.
Ce qui me paraît être la moindre des choses par les temps qui courent ;
Qui galopent même, dans de sales directions où le manque d'imagination le dispute aux exactions en tout genre.
Nous tenons si serrées les brides de nos désirs de vivre heureux, rendus coupables de toutes évidentes satisfactions gratuites et sans en être voleur car la valeur de s'aimer, s'enlacer et s'entrelacer des corps libérés, par exemple, est si simplement non marchandes qu'il faut bien y adjoindre des empêchements artificiels et sacrificiels.
Les miroirs déformés des perceptions qu'on nous impose.
Les rêves qui implosent dans l'oeuf des coeurs encore neufs, quand les poêles à frire les recettes toutes faites régulent nos élans perturbateurs de mauvaises humeurs.
Nous deformerons un jour nos déformations structurelles pour revenir à l'essentiel.
Le ciel et la mer, toi et le temps, s'aimer et laisser vagabonder les idées pour le meilleur... Et pour le pire.
Car en esprit tout est permis, et c'est là que s'opère le tri de nos censures éclairées, ou plutôt assombries par des préceptes qui relèvent d'ordres structurés pour servir une classe de puissants organisés depuis que la propriété privée s'est invitée à la table de l'humanité ; les nomades de la pensée n'ont qu'à aller crever ailleurs...
Il faut partir en balade de l'autre côté des miroirs tendus et virer nos masques de fond de teint blêmes.

! * Je suis amoureuse d'une femme qui mange des haricots rouges magiques.
Dans son corps sec et sans genre germent des branches de magnolias et chaque feuilles poussent ses nervures en lettres qui se mot-à-motent en spirales détonnantes de sens étranges et les fleurs clignotent d'idées inédites et non dites.
Où sont les fous ?
Et les fauteuils roulants sur les trottoirs? Les trisomiques mis au rencart, les désarmés broyés, les sans papiers expulsés, les sans foyers effacés et les désaxés sans voix, pour avancer hors des essieux médiatisés ?
Les institutions mettent sous clés tant de belles possibilités...
Tout cela essaime parfois en peintures éclatantes de traits inconnus qui froissent en poubelles ou marchandent en galerie pour villas privées de vie et d'humanité.
Je pessimise un tantinet : certains textes ou dessins explosent à la figure du tout connu, nous met l'âme à nu et nous voici, pour un instant, ouvert à d'autres illusions. Tout est affaire de perceptions.
Pour vivre en société l'apparence seule suffit :
Qui grattera derrière les positions dominantes et dominées si les visages en affichent les stigmates volontaires... Ou soumis ?
Des milliards d'univers oniriques et véridiques s'effacent derrière l'hypocrisie nécessaire à l'équilibre précaire de l'économie financière naturalisée
Si peu d'invention et de folie dans cet éclair de vie terrestre
Nous pourrissons déjà avant même que de mourir.


Dessin CatMat