Ceux là vivent

CATMAT / 08.12.18, Atelier Petit Ney

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LUTTES


Ceux qui vivent ce sont ceux qui buttent
Ceux qui buttent et trébuchent sur les aspérités du pouvoir, sans but et sans savoir
Ceux qui sortent de leur hutte comme on sort du noir
Ceux qui conjuguent le verbe vouloir avides d'en découdre avec l'écheveau des constructions artificielles d'un monde qui les broie
Comprendre et ne plus se laisser prendre
Arracher cette vieille peau morte qu'on nous colle et qui nous englue dans l'impuissance comme une essence de notre condition de ne pas être, d'aller comme des bêtes droit devant du ventre de la mère aux tréfonds de la terre Sortir et mordre la poussière sans un seul pas en arrière
Etre au cœur de la poudrière, de celle qui fait bouger les frontières et arrache les muselières
Ceux qui vivent ce sont ceux qui chutent
Ceux qui font la culbute face aux brutes-paillassons qui croient encore qu'on doit disputer son bout de viande à coup de croc à ceux qui n'en ont pas
Ceux qui vivent sont les êtres hirsutes qui se relèvent et marchent encore pour éclore en volutes de volonté indomptée
Ceux qui rue entière et en sont fiers
Ceux qui bousculent et sans manière
Ceux qui doutent et ne reculent
Ceux qui scandent aux pas qu'ils ont choisis
Ceux qui rient malgré l'effroi
Ceux qui y croient, ceux qui vont y croire
Ceux là vivent, les autres je les plains

(*)

(*) Hommage Victor Hugo dans "Les Châtiments"
et clin d'oeil à Jacques
Prévert et son texte
"Tentative de description d'un dîner de tête à Paris-France"