Un lieu pour soi

CATMAT / 09.02.19, Atelier du Petit Ney

Litanie des Lieux de Soi



Maison carnets poèmes
Murs carapaces au corps percé, peau contours flous, enveloppe charnelle indéterminée
Maisons transits en voyages interstices, ou : calme, volupté et créativité
Mes lieux sont comme des perles dans un bocal que l'on retourne en sablier
Le temps s'écoule sans marque ni repères

Deux pans de toile sous les étoiles éternité de mes étés isolés dans la montagne des poètes
2m2 pour l'intérieur de mon bonheur, duvets, livres et musique pour un cocon dans l'infini des paysages-adolescence, les pierres roulent sous mes godasses

Cimetière des morts pour une vivante comme une invite qui pose au calme sur les granits,
4 murs au ciel ouvert, il y a des bouquets sur toutes les tables

La litanie des lieux de soi, l'être aux abois, j'ai peur de tout
Chaque nuit je dormais dans un lit différent : il y a des bras ouverts dans tous les coins.
J'aimais ma course dans la grande ourse, le temps sans espace et fragile carapace

Ma grotte, mon refuge, étroit juste pour moi en cœur de ville dont les nuits brillent de 10000 poèmes et de salles d'écran noir comme des victoires.

4 murs de béton, un 5ème pour le fond, et la terre qui dessus s'entasse, le silence des pierres est tenace
Mes mères et leur solitude
Mes mères et leur sollicitude
Ma mère et ses couperets-certitudes, sa rage de vivre et nos fous rires.
Murs aux pierres inégales, inégalables
Mon père et ses valeurs, ses vanes et ses propres repères ouverts à tous les voyages. Quelque part en cœur de route il a perdu son bagage, dommage de finir en cage...

Les lieux souvenirs comme des boulets au cœur vidé par les absences
La litanie des lieux de soi que l'on muselle et qu'on oublie, sueurs froides et sourde nostalgie.
Plier fantômes et faire un môme.

Mon lieu trésor quand dans mon corps niche le tien, forteresse et bastion pour ta protection

4 murs de confession, poésie, partage à profusion, fusion de gens qui respirent,
aspirent : le centre est là où un œil voit

Se retrouver 4 murs de prison, fissures et moisissures, précarité membres tremblés.
Une maison de trous qui ruissellent, et ton amour qui m'étincelle

Perles de pierres qui s'amoncellent et je m'accroche au lieu présent, 4 murs de protection
et le soleil en toute saison

Je ne suis plus "le chat qui s'en va tout seul et tout lieu se valent pour lui".
Je t'ai pris toi.t, et les rires de l'enfant qui éclabousse l'arbre qui continue à pousser en moi.

 



"Le chat qui s'en va tout seul" : Rudward Kipling, "Histoires Comme ça"