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CATMAT / 29.03.16, Atelier CHRS Poterne des Peupliers



J
e ne me souviens de rien


Je ne me souviens de rien
Précisément
Il y a eu des lendemains
Des heures d'attente sûrement
Des discussions sans fin
Des silences oscillants
D'espoirs en tâtonnements
Mais j'ai laissé passer le temps
Qui lisse les errements
D'une jeune femme en plein tourment
Je sais juste que je vacillais sur la ligne de départ
Sans savoir par quel bout la prendre cette grande vie là tout devant
Et puis les gens qui tournent autour dans une valse bien réglée
Je m'essayais pantin désarticulé, un pas en avant plein de sûreté
Repli sauvage vers mes rivages intérieurs bouillonnants de bruits, d'envies et de fureurs. De peurs aussi.
Puis la rage revenait, je repartais à l'abordage
Essayant de me dessiner un visage
Qui ne soit ni l'ombre de moi même
Ni un masque blême à faire frémir de rire la populace
Celle qui trace et que j'admire derrière la vitre
Celle qui me révulse aussi
Je ne voulais pas jouer des coudes
Même si le baratin me venait facilement certains matins
Je n'aimais pas les rites de cette société bien huilée

Je me laissais porter
Observais les rouages et les clivages
Admirais quelques talents, quelques courages
Me glaçais du décalage parfois entre l'être et son ouvrage
Ce que l'on dit, ce que l'on fait, ce qui paraît et ceux qui créent
L'histoire a pléthore de ces distorsions de vie
Entre talent et mode de vie
Et plus l'artiste est grand, alors, plus la souillure de l'humain
éclabousse le réel

Comment se connaître quand on te somme de paraître?
J'enviais l'aisance et l'audace de la grande valse
Je voulais tout à la fois prendre ma place
Et pouvoir me regarder dans la glace
Celle du temps qui passe et de la mort qui glace
Cette vie fugace il la fallait fulgurante
J'étais prise dans l'urgence
Pourtant à peine sortie d'adolescence
Je ne me souviens de rien
Pas vraiment
Juste qu'il m'a fallu du temps
Pour trouver MON chemin.