Ceci n'est pas un poème

CATMAT / 25.03.17, Atelier du Petit ney

Les illusions perceptives


"L'amour est assis sur le crane de l'humanité."
Exsangues, les peuples marchent dans le désert de leurs illusions
D'un infini présent de volupté consommé.
Les cadavres mêmes ont l'exquise courtoisie de dissimuler à nos yeux aveugles leurs restes éphémères.
Si la perception commence au changement de sensation, notre voyage en terre d'habitudes étouffe tout changement de point de vue. (*)
Nous croyons encore aux rois qui nous gouvernent, et leur discours est plus prégnant que le chant de l'homme assis seul sur la colline depuis 3 lunes.
Qui, d'ailleurs, s'intéresse à la lune ; si lointaine et donc irréelle à notre perception?
Qu'importe que son mouvement emporte la force des océans de la planète entière, nous regardons les 50 cm carré de trottoir sous nos pas pour ne pas marcher dans une merde toute relative, mais puante.
Nous nous complaisons dans nos illusions perceptives.
L'infini des formes et des possibles nous file le vertige
Et pourtant :
"Ce qui n'a pas de borne
Creuse la volupté"
Que le désordre advienne à mon esprit et
L'amour assis sur le crane de l'humanité m'ouvrira à la bienveillance de nos cicatrices, celles qu'on cache, qui nous occulte à nous même, à toi qui t'ignore,
A nos histoires qui s'élaborent sous le terreau de nos instants volés à la pauvre nécessité d'une société en roue libre.
Nos peurs se nourrissent de notre marche aveugle.
Et l'amour, impassible, nous regarde passer, vivre et mourir.


Inspirations / citations

- Beaudelaire
« L'amour est assis sur le crane de l'humanité »
« Ce qui n'a pas de borne / Creuse la volupté »

- Une peinture de Dali : « Espagne », 1938

- (*)  « Je pensais au voyage, je me répétais :
Plus qu'un jour ! Je crus devoir lui écrire ces quelques mots : La perception commence au changement de sensation ; d'où la nécessité
du voyage ».  
Paludes
d’André Gide