Une vie de crissements d'os

CATMAT / 08.04.17, Atelier du Petit ney

e
Folies
M utantes


Le ciel est par terre
Tétanisé de désarroi primaire
Au bord d'un précipice
Où plonge la sagesse
Lavée de ses artifices.
Sous les voûtes brûlantes
De l'absence étoilée
Dégouline ma cervelle en mode astrale
Rassasiée de laves encordées ;
Et rugissent les cris des enfants à l'amour mort né
Étrangers solitaires sur un sol
Aride de tendresse.
J'ai peur.
Souffrir et vivre? Croire encore à la nudité des êtres?
Paraître ou disparaître?

L'orbite vacille autour d'un œil égaré
Dans le vide d'un crâne béant de béatitude
Une essence s'éveille et...
Je plane, je ris, je pleure, j'accouche d'une vie éclatante de crissement d'os
bien huilés et de muscles détendus, 
Le cri s'entend jusqu'à la mort du jour et de la nuit.
Apprivoisant l'abîme
Mes seins brandis
Vers des mains d'hommes ou d'enfant
Érotisme gorgé de lait coulant
Le corps branlant de douleur
Le désir martelant mes cuisses en algues rugissantes
Je cherche un être qui m'envahisse
Comme on hisse un dernier drapeau
De revanche salace à la gueule des raisons qui arraisonnent
nos folies montantes
Intolérable tension d'un corps en distorsion brisant
les millions de maillons de tabous
Une bouche avide pour boire à nos soifs à vif.

Tomber au fond du puits des plaisirs à bon marché
Tu relèves la tête, la langue et les épaules
Saccageant nos rôles et tranchant les nœuds de la peur.
Une porte ouverte
Respire déjà en chacun des humains.