Oulipo (1)

CATMAT / 29.10.16, Atelier du Petit Ney

Exercice de style


Petit poème de départ

Nous irons mieux
Avant que d’être vieux
Courir sur la plage
Et décrocher les nuages

Tourner chaque jour une page
Mais refuser de devenir trop sage
Ouvrir tout grand ses yeux
Jusqu’au dernier instant, au merveilleux


Précisions


Nous irons mieux, mieux de telle façon que le matin en nous réveillant un soleil intérieur se lèvera, pour nous.
Avant que d'être vieux nous serons mieux, avant que nos paupières tombantes et jambes tremblantes
Courir sur une plage à l'horizon dégagé juste bornée au loin de quelques rochers
Et décrocher les nuages, cumulo numbus ou stratus en forme de chien ou d'aéronefs
Tourner chaque jour à midi zéro une précise une page de notre vie
Mais refuser catégoriquement de devenir trop sage, poli ou raisonnable en rejetant nos rêves d'enfant
Ouvrir tout grand ses yeux avec curiosité mais sans arrogance, toujours avec bienveillance
Jusqu'au dernier instant, celui que l'on attend ou redoute, celui qui trace un fil de doute et de passion réuni tout au long de notre vie, jusqu'à ce moment là rester ouvert au merveilleux, à ces choses du monde qui croisent nos routes qui étonnent, boulversent ou chantonnent, qui détonnent dans la monotonie du gris des rues, gris pour celles et ceux qui ont fermés leurs yeux et clos leurs paupières à l'inattendu bienvenu.


La mémoire qui flanche


Nous irons où? Je ne sais plus
Avant quelque chose
Et faire un truc sur une plage, je crois
Il y avait aussi une histoire de nuages
Et de pages, à déchirer peut être ou à tourner
Je ne me souviens plus pourquoi d'ailleurs
Il fallait ouvrir ou fermer les yeux, ou une porte peut être
Il était question d'une fin ou d'un autre moment qui était mieux, ou pire je n'arrive plus à me souvenir.