Ils & Elles s'écrivent

CATMAT / 15.11.14

Les hommes ont pris dans
leurs mains de la boue


Les hommes ont pris dans leurs mains de la boue
Certains l’ont lancé aux visages de femmes jugées peu sages ou volages
D’autres sur les ailes de celles qui déployaient leur liberté
Pour alourdir leur envol et qu’au sol elle se brisent
Les plus enragés
Au non de l’ordre naturel
En ont ensevelies sous cette terre humide et collante
Statues magnifiques enterrées vivantes
Les yeux englués
La bouche emplie de leurs cris, muselées
Mais

Certains des hommes ont pris les mains et la boue
La boue dans les mains
Et regardé d’autres femmes qu’ils ont modelés
Dans leurs figures rebelles
Qu’ils ont aimés telle
Qu’elles vivent et bougent
Et sans mourir

Les statues debout contemplent et veillent sur celles en terre
Tandis que ceux des hommes aux mains sales
Seuls et raides s’éloignent
Vers leur monde d’ordre
Et de mort.

Sur la colline où les œillets rouges refleurissent
Reposent des couples aux membres enlacés
Aux sexes confondus et fourbus
De leurs liqueurs partagés

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