Elles ...

CATMAT / 14.12.17

Les cris étouffés des belles syriennes


Elles ont des rocs au fond d'la voix
Des croix qui raclent en barbelés
Feuilletés, feutrés sur leur silence
Des corps qui craquent
Butés, sur leurs souffrances
Indifférence au loin du monde
Qui fait bombance en liberté

Elles ont
L'âme envolée par la violence inouïe de leurs geôliers
Voulues parquées,
Corps empaquetés régulièrement écartelés

Elles ont
L'esprit désarticulé de leur enveloppe charnelle sans cesse pilonnée
Privées de rêves et d'espérance
C'est de quel côté l'enfance?

Filles- femmes
Emprisonnées, enjeu de guerre, entre les hommes
En somme,
Doubles victimes volées de vie
Victoire ou déshonneur : sortir de prison est un leurre quand
La pureté-virginité est érigée en seule identité, vivable
Variables insignifiantes, elles n'en sortiront pas vivantes
Pères ou frères feront taire dans leurs yeux la dernière lueur
Mes sœurs

Elles ont des rocs au fond d'la voix
Des croix qui raclent en barbelés
Feuilletés, feutrés sur leur silence
Des corps qui craquent
Butés, sur leurs souffrances
Indifférence au loin du monde
Qui fait bombance en liberté

Elles ont des rocs au fond d'la voix
Des croix qui raclent en barbelés
Feuilletés, feutrés sur leur silence
Des corps qui craquent
Butés, sur leurs souffrances
Indifférence au loin du monde
Qui fait bombance en liberté ...

 


En réaction et hommage aux femmes du film de Manon Loizeau été Annick Cojean : "Syrie, le cri étouffé".
Dédicace à toutes mes sœurs cloîtrées et violentées de part de monde, ici en France aussi il y a silence.