Paris : Cop 21 et après...?

CATMAT / 08.12.15
Atelier D'écriture littéraire animé par Philippe Durand au Petit Ney


COP 4031


Je pédale, tu dédales dans les méandres de ton insouciante jouissance.
Tandis que j'animale le temps, de flaques de soleil en plates-bandes potagères, tu remplis ta baignoire et t'adictes à cons-nous-sommes. Baveur de vitrines, lécheur de bottes Fmiste, donneur de carte blanche aux négriers des petites mains de si loin que t'oublies avec ravissement que ta terre est la leur; tout n'est qu'un leurre à pognon. Qu'importe les pelures d'oignons des marques, ce sont toujours les mêmes qui pleurent.
Tu salues l'énergie propre atomique pour te laver la conscience carbonique.
Et je donneuse de leçon pour pas un rond.
Je flemmardise du compost et roule à outrance. Où sont les tapis volants qui raccourcissent les distances?
Je tablette, je smartphone, j'ordinateur, je tueur de petites bestioles qui s'aventurent dans mon intérieur. Je 20 degré quand reste le cul posé sans bouger. Je pisse et je chie dans de l'eau potable. Je ne pas récupérateur d'eau.
Je vélo que quand il fait beau, sinon je tombe malade.
Mais je liste et je colibrise, petit à petit.
Se résolutionner ne pourra cependant tout révolutionner sans politisation globale. Taper sur les doigts à grand coup de marteau juridique.
Faire payer par où leur sang coule : monnaie papier boursier. Sanctionner l'égoïsme meurtrier des 1%, éducation des 99 restants. Parler vente d'armes et producteurs de larmes. Se laver le cerveau collectif au vinaigre blanc et au savon noir. Se détartrer les habitudes au bicarbonate de coude.
Se laver les oreilles à l'eau claire pour entendre ce qui n'est pas le plus paisible.
Cultiver son jardin pour ensemencer celui de tous.
Globaliser les alternatives. Je permaculture, tu batterie sur vélo pour recharger ton mobile au lieu de pédaler-con dans un institut d'abdos sans credo.
Je répare-café, tu café-citoyen, je donne et je troc, tu tricotes de la laine et des gambettes.
Je localise ma boustifaille, tu fais vivre des expériences à ta marmaille pour lui montrer que l'avoir est souvent sale et que l'être est un partage que le temps et l'amour démultiplie.
Je cris, t'écris, nous créons.
Des histoires pour pouvoir y croire sans faux miroirs.
Pour rencontrer l'humain chez l'autre.
Pour accepter ses fautes et apprendre à ne plus les refaire.
Pour rire et danser ensemble.
Pour vivre, et toi et moi et cette terre qui vivrait très bien sans nous.
Nous qui croyons pourtant qu'elle se soumet aux bruits des bottes et du capital.
Elle se marre notre mère. Elle sera là bien après notre irradiation, auto-éradication. L'univers lui déroule son tapis rouge et nous postillonne dans le néant des incompétents.
Un jour, il y a nos enfants; voyageurs éphémères de nos 2 hémisphères.
Prends soin d'elle mon fils tout autant que de toi. Lâche ta console et va voir tes potes, il y a des jeux à construire, une vie à inventer et le temps à réapprivoiser.




Manif des jeunes pour le climat 2019