L'Homo-migrateur


CATMAT
/ 16.09.18

Dédicace aux Autremondiens et Autremondiennes


Au creux des vagues


Tu creuses à coup d'pelle
Les horizons qui te consument
Une fleur d'écume qui s'fait la belle
Une oraison de bout d'chandelle
Aux terres lointaines des origines.
Une ribambelle d'éclats de rire
Un panier plein de regards tendres
Une pluie d'odeurs et de lumière
Qui éclabousse la poussière
Ramène ton âme en espérance ;
Et puis, tu penses et ça r'commence.
Le corps roulé dans ton errance
Tu arraches les chrysanthèmes à coup d'canines
10000 poussières de lunes s'agglutinent sur ta poitrine
Depuis longtemps ton cœur est épinglé sur les tables de dissection.
La chair et les fers sans distinction
La tête encore en obsession, faire diversion
Alors, marcher.
Dans l'écuelle tourne les saisons
La ritournelle des 4 poisons
Comment on construit une maison ?
Bouée percée pour s'arrimer
Tu flottes sur des milliers de cadavres
Il y a des braves aux creux des vagues
Les algues effleurent tes pensées qui divaguent...
Une escarcelle pousse dans les nuages
Alors, tu nages.
Du bout des doigts, des bouts de bois, grimper tout droit,
Compter chaque rivet qui t'amène vers le sommet.
Coucher-rouler dans un parfum d'humidité fanée
Coton usé par les corps fatigués.

Fouler de tes pieds l'horizon
Une foule d'image explose en déraison.
Déambulation dans les étoiles
Un voile glisse sur la ville aux prunelles hostiles
Et l'aube irrésolue sème ses graines de rosée
Sur les cartons bitume
Vapeurs de brume
Au creux des vallées vides
Des ventres apatrides.
Alors, tu marches.
Les façades en dentelles dérobent leur chaleur
Les aboyeurs de belles affaires
S'affairent derrière l'illusion citadines des grandes vitrines ;
Les muscles durcis bétonnent les rêves obscurcis.
Une main, une porte, une fenêtre,
Il y a des vibrations d'êtres qui t'imagines.
Kyrielles de passerelles glissant sur les ruines
Nous irons battre des ailes dans les motions ministérielles,
Bâtisseurs d'arcades démesurées des frontières écorchées
D'une planète qui s'effrite à fleur d'humains.
De découvertes en perte de repères
Il y a presque 2 millions d'années qu'il marche sur la terre
L'agitateur métisse d'envolées créatrices :
L'homo-migrateur



Cette statue est apparue au Danemark. En hommage aux réfugiés et en tant que
critique du silence de l'Europe face à cette catastrophe humaine.